Littérature générale

  • S'immerger dans le poème du monde fut l'obsession de Roger Deakin: entrer dans une forêt, nous explique-t-il d'emblée, « c'est rejoindre un monde différent qui nous transforme en profondeur [...] un monde où l'on peut se retrouver - souvent, paradoxalement, en se perdant ».Terminé quatre mois avant la mort de l'auteur, cet ouvrage nous invite à une immersion totale dans l'élément bois, avec la conviction que « les ennemis des arbres sont les ennemis de l'humanité » Un voyage enlevé, intensément poétique, qui nous conduira depuis les forêts du Suffolk à travers les bois de saules de l'Essex, les châtaigneraies de l'Hérault, le bush australien, les vergers du Kazakhstan et jusqu'en Chine, dans une quête de ce qui, dans toutes les cultures nous lie si profondément aux arbres.Tronc creux habité, merisiers explosifs, fricassée de racines de kurrajong, odyssée d'une sandale de moine japonais, délices de feuilles d'orme et d'aubépine, arbres sculptés dansants...préparez-vous à être surpris par ce récit foisonnant, naviguant entre carnet de voyage, précis d'histoire naturelle, autobiographie et conte.

  • Paolo Rumiz n'en est pas à son premier voyage, lui qui a longé les 7 000 kilomètres des frontières de l'Europe, de l'Arctique à la mer Noire, traversé les Balkans, franchi les montagnes à la recherche d'Hannibal, descendu le cours du Pô... Et pourtant il s'apprête en ce printemps 2014 à vivre le plus étonnant d'entre eux. Son premier voyage immobile. Isolé dans un phare perché sur un rocher au milieu de la Méditerranée, avec pour seuls compagnons les gardiens. Et soudain le sentiment d'être libéré, sans agenda, sans horaires, sans aucune connexion avec le monde, enfin loin de tout mais curieusement peut-être aussi au centre de tout. Un nouvel univers où plus rien ne ressemble à rien, où même les étoiles ne semblent pas être à leur place. Se consacrant à l'exploration de son minuscule environnement, un kilomètre de long sur deux cents mètres de large, il nous raconte la nature, le cri des oiseaux, le silence des poissons, nous décrit le bâtiment où il loge, la lanterne du phare. Il nous parle tempêtes, orages, vents et nous fait partager le quotidien des gardiens, ceux d'aujourd'hui mais aussi ceux de jadis. C'est avec une indéniable volupté que ceux qui rêvent d'île déserte et de vie d'ermite se laisseront entraîner dans ce voyage immobile tout en délicatesse, empathie et érudition.

  • Après avoir exploré les déserts et les sommets de plus de cinquante pays, voyageant au gré de sa fantaisie et de ses rencontres, Neil Ansell, pris d'une urgence soudaine, rentre à Londres, se réfugie dans un squat, avant d'accepter un poste de gardien au fi n fond de la campagne galloise, où il vit reclus. Une expérience d'extrême solitude, qui le transformera : débarrassé du brouhaha, il lui semble enfin se retrouver.
    Ermite¹? Pas vraiment. Seulement le temps de réapprendre le monde. Voilà qu'il entreprend des randonnées, toujours en solitaire, sans jamais avoir de carte, jusqu'aux confins de l'Écosse - pour découvrir, au fil des routes, qu'il est en train de perdre l'ouïe -, une expérience qui s'avérera bouleversante et source d'une ouverture autre.
    Car s'il peut de moins en moins entendre, Ansell semble de mieux en mieux voir, et nous fait ainsi ouvrir les yeux, autrement.
    Un chant d'amour émerveillé à l'Écosse des Highlands, raconté avec un lyrisme intense, tenu de bout en bout. Une élégie en l'honneur d'un paradis déjà presque perdu, que la littérature continuera à nous faire entendre.

  • En 2018, Tristan Ranx progresse en pirogue sur la rivière Cuyuni, celle empruntée par les orpailleurs des Guyanes, et s'arrête aux portes de l'immense mine sécurisée Aurora. Quatre cents ans plus tôt, en 1618, le poète sir Walter Raleigh était exécuté à la t our de Londres, après ses tentatives de conquête de l'Eldorado...
    Des expéditions du fascinant explorateur de la Renaissance à la tragique disparition du jeune Raymond Maufrais, au XXe siècle, Tristan Ranx nous guide dans une jungle oppressante sur les traces de Manoa, la mythique cité d'or, gardée par les mystérieux « hommes sans tête ». Il nous entraîne aussi avec lui de Venise à Londres, de l'Espagne à la Roumanie, à la recherche des cartes perdues et des archives secrètes, dans cette Europe qui rêva et rêve peut-être encore de l'Eldorado.

  • Winter

    Rick Bass

    «Hier, un front froid est descendu de l'Alaska, faisant chuter la température de moins six à moins vingt-six degrés en l'espace d'une heure - les branches et les rameaux ont été arrachés des troncs, tout est passé devant la maison pêle-mêle, poussé par un vent mordant, acéré. Une fois la nuit tombée, la température a continué à descendre, au milieu des étoiles glacées et crépitantes, à plonger, à s'abîmer jusqu'aux alentours de moins trente-huit, moins trente-neuf, après quoi le vent s'est tu...» «Je veux m'enfoncer dans l'hiver, profiter de sa beauté et de son silence, et jouer selon mes règles, mais c'est bien difficile - ces journées courtes et sombres sont plus fortes que moi, plus puissantes que le remue-ménage chimique qui s'opère au fond de mon cerveau, et je sais désormais que si j'essayais de lutter, je serais encore plus fatigué le lendemain.» Pas d'électricité, pas de téléphone, aucune commodité, une route impossible, juste le Dirty Shame Saloon, à une demi-heure. Mais une vallée de commencement du monde, dans un coin reculé du Montana. Le rêve, pensent Rick Bass et sa femme. Elizabeth... Un combat aussi, de chaque jour.
    Winter est le récit, extraordinairement intense, d'une découverte du monde, au fil de l'hiver, de la splendeur, de la cruauté et des mystères du «wilderness». Mais aussi d'une découverte de soi - la révélation, au terme d'un progressif dépouillement, de l'essentiel : cette «part sauvage» en nous, que Rick Bass va désormais placer au coeur de tous ses livres...

  • « Une vraie frontière, avec des barreaux, des barbelés, la police qui fouille tes bagages et contrôle tes papiers avec suspicion: à l'heure où les frontières tombent, où les rideaux de fer se désagrègent et où le "global" atténue le sens de l'ailleurs, j'ai cherché la limite de l'Europe, les confins de l'Union dans la terre des fleuves, des forêts et des lacs, où nombre de peuples ont été balayés et où affleurent encore les ruines des grands empires. J'ai fait un voyage "vertical" de l'Arctique à la Méditerranée, des pâles terres du Nord aux contrées brûlantes du Minotaure. Un voyage dans l autre Europe. Un voyage en sac à dos et transports en commun - des cars aux fabuleux trains russes. Un voyage avec et parmi les petites gens, le long d'une route qui s'est tracée d'elle-même de rencontre en rencontre ».L esprit, l âme d un pays, a fortiori d un ensemble de pays se choisissant un destin commun ne se donnent jamais mieux à lire que dans les marges, sur les frontières par ce à quoi ils s opposent, ou ce dont ils se distinguent. Fort de cette conviction, Paolo Rumiz a entrepris en 2008 un voyage de 7 000 kilomètres, de l Océan Arctique à la mer Noire par tous les moyens populaires de déplacement, passant d un bord à l autre, depuis Rovaniemi, en Laponie finlandaise jusqu à Odessa.Il traverse des postes de douanes, des grillages, des barrières avec des miradors et des projecteurs, il vit des confiscations de marchandises, des attentes interminables, des arrestations, des rackets, des règlements de compte entre mafieux, des contrôles de visas, mais aussi la générosité des simples gens. D Odessa, il prend un improbable ferry pour Constantinople, où il débarque dit-il, non sans mélancolie, avec « comme des barbelés à l intérieur de moi-même ».Un livre saisissant, lucide et généreux, mêlant le cocasse et le tragique, d une superbe écriture, hantée par la mélancolie d une Europe dévastée par trop de guerres. On pense à Magris pour son art de distiller à travers gens et paysages, mais toujours en situation, la mémoire des lieux, à Patrick Leigh Fermor aussi, de ce chef d uvre qu est Le temps des offrandes, qui juste avant la 2ème guerre mondiale, tandis que montait le nazisme, entreprit un voyage à travers l Europe qui le conduisit, lui aussi, à Constantinople.

  • Découvrez L'ombre d'Hannibal, le livre de Paolo Rumiz. Que savons-nous d'Hannibal ? Quelques bribes de souvenirs scolaires, l'homme qui, un temps, mit Rome à genoux, l'image formidable d'éléphants traversant les Alpes enneigées. Presque rien ? assez pour que Paolo Rumiz entreprenne d'en savoir un peu plus, moins dans les bibliothèques qu'en refaisant son périple. Et sous ses pas s'éveille de nouveau la légende, reprend corps, au fil des rencontres, le grand rêve d'Hannibal et de Carthage, ce peuple de Phéniciens africanisés, marins et commerçants imprégnés de culture grecque: une Méditerranée des deux rives, unissant les hommes et les cultures... Car enfin, quelle épopée ! Plus de vingt mille kilomètres parcourus depuis l'Afrique par l'Espagne, la France jusqu'à l'Italie, quinze années de combat contre Rome avant l'échec, puis vingt années encore d'une aventure qui le portera jusqu'au Liban, en Syrie, en Crète et, au-delà, en Arménie et en Turquie, pourchassé par les Romains qui ne lui pardonnaient pas d'avoir tremblé et s'acharnèrent à effacer toute trace de lui.
    Ils ne se doutaient pas que l'épouvantail allait devenir un héros, puis une légende? Pour penser comme pour voir, trop de proximité nuit. Le moins que l'on puisse dire est que Paolo Rumiz, pour donner sens et profondeur à notre présent, aura choisi le plus long et le plus passionnant des détours. Car c'est bien sûr de notre présent que parle, page après page, ce superbe et tellement humain récit de voyage, en un temps où se réveillent les peurs, les craintes d'une "invasion" du Sud. Le rêve d'Hannibal ? Toujours d'actualité.

  • La Sibérie : un immense « nulle part », grand comme les États-Unis et à peu près inconnu, peuplé de fantômes, sillonné par les errances fiévreuses de popes illuminés, de shamans égarés, de ce qui reste encore de tribus nomades, terre d'exil des bannis de la civilisation, prison-continent, poubelle du communisme - et terre d'utopie malgré tout, rêve encore de page blanche où tout peut recommencer. Une énigme. S'y aventurer, y vivre, impose d'explorer en soi des territoires inconnus, où tous les chemins, tous les repères se perdent. Lorsqu'il entreprend ce voyage de six mois à la fin des années 1990, nulle question pour Colin Thubron de faire du tourisme, mais bien de se laisser envahir en une lente imprégnation par cette immensité dévastée, son silence, ses improbables laissés-pour-compte, abandonnés entre usines en ruines et déchets nucléaires, s'efforçant de vivre, malgré tout. Ici un descendant de Raspoutine, là des savants oubliés de tous qui s'obstinent à mesurer la « signature magnétique » de leurs patients, plus loin, un archéologue persuadé d'avoir trouvé les origines de l'humanité, d'hypothétiques shamans sans plus de mémoire, un agent du KGB devenu prêcheur baptiste - jusqu'à cette femme déportée en 1938 dans le goulag de Vorkuta et restée là depuis, qui ne parvient toujours pas à condamner le communisme : en ce temps-là au moins, soupire-t-elle, en se détachant à grand-peine de son feuilleton mexicain, on croyait en quelque chose... Car comment vivre sans croire ? Immense écrivain, sans conteste le plus grand travel writer vivant, de la dimension d'un Nicolas Bouvier pour l'acuité du regard, cet art de tisser en quelques mots l'esprit d'une scène, dès lors inoubliable, et d'un Claudio Magris pour sa manière de saisir entre passé et présent l'âme même d'un lieu, Colin Thubron digne ici un chef-d'oeuvre.

  • C'est à Terre-Neuve que tout commence pour Farley Mowat : la goélette de ses rêves, là, devant lui, solide, construite à l'ancienne, le vrai bateau de pêche de 9,50 m, la folie rêvée pour tous les fous de vieux gréements ! Un roman de mer ? Oui, mais avec la plus capricieuse, la plus infidèle, la plus vacharde des maîtresses. Flirts, entreprises de séduction, menaces, scènes de ménage, idylles brusquement interrompues... rien n'y manque, pour son malheur. Et pour notre plus grand bonheur de lecteur ! Car Fleur de passion a du tempérament à revendre. D'accord, elle est dans un état lamentable. Premières expériences des rudes charpentiers de Terre-Neuve. Mise à flot. Enfin ! Oui... sauf que Fleur de passion marque une volonté obstinée à reculer quand on veut la faire avancer. Sans parler d'une obstination curieuse... à couler, aux pires moments. Le cas va bientôt passionner tous les spécialistes. Refaite à neuf, calfatée, bichonnée, il n'en reste pas moins qu'à un moment ou à un autre, elle recommence à faire de l'eau. Mais tous les malheurs ont une fin. Farley Mowat peut entreprendre une croisière en compagnie de son éditeur - qui se terminera très mal, on le devine. Le bateau qui ne voulait pas flotter : un classique de la mer, un chef-d'oeuvre d'humour et un grand roman d'amour.

  • Rassemblant la plus grande collection d'originaux jamais présentée à ce jour, ce livre, richement illustré de dessins, cartes et lettres issus de ses manuscrits, retrace le processus de création derrière les oeuvres littéraires les plus célèbres de Tolkien - Le Hobbit, Le Seigneur des Anneaux et Le Silmarillion. On découvrira par exemple un éventail de projets, des illustrations frappantes ou des cartes dessinées pour ses publications, ou encore les contes touchants qu'il a écrits pour ses enfants. Ce superbe catalogue dessine le monde de J.R.R. Tolkien - savant, littéraire, créatif - offrant une compréhension et une appréciation riches et détaillées de cet auteur extraordinaire.

  • Naturaliste de génie, salué comme le Balzac de la nature, Hudson a enflammé l'imagination des jeunes écrivains. Conrad dit de lui : "Il écrit... comme si un esprit d'une finesse et d'une douceur exceptionnelles lui chuchotait ses phrases."

  • Colin Thubron nous entraîne dans un extraordinaire voyage, celui de la Route de la Soie. Il part de Xian, au coeur de la Chine, où repose l'Empereur jaune, pour arriver à Antioche, au bord de la Méditerranée turque. Des deux itinéraires possibles qu'offre la Route de la Soie, il choisit le chemin le plus impraticable, celui qui longe le mortel désert du Taklamakan jusqu à Kashgar. Kirghizistan, Kazakhstan, Tadjikistan, Iran, Turquie, nombreux sont les pays que Colin Thubron a sillonnés pendant huit mois. Pages après pages, tout devient palpable : la chaleur implacable, la poussière, la sauvagerie, la désolation du désert, les oasis luxuriantes d'Asie centrale, l'air pur des montagnes et le fourmillement des villes. L'audace et l'endurance de ce baroudeur animent chaque page de ce récit. Son regard aiguisé de routard s'ajoute à une plume vive rythmée par les nombreuses rencontres faites au cours de son long périple.

  • Cinquante ans d'alpinisme... La carrière de René Desmaison est d'une exceptionnelle longévité au regard des risques qu'il n'a cessé de courir ! Dans cette autobiographie célébrant ses noces d'or avec la montagne, il revient sur les étapes clés d'une vie rythmée par une soif inextinguible d'ascensions. Sa mémoire intacte retrace avec précision les péripéties de ses exploits et il utilise les mots justes pour restituer la palette des émotions qui envahissent le grimpeur.
    Une autobiographie généreuse et sincère.

  • En 1878, un touriste pas comme les autres visite la Suisse et la Savoie : l'Américain Samuel Langhorne Clemens, alias Mark Twain. De Lucerne à Chamonix, l'auteur suit un itinéraire des plus classiques. Son récit de voyage, traduit pour la première fois en français, est tout à fait inattendu.
    Laissant libre cours à son humour satirique, le romancier pose un regard faussement candide sur la montagne et son folklore touristique. Des tyroliennes aux pendules à coucou, des edelweiss aux chamois, «petite bestiole qui hante par milliers les hôtels suisses» : rien ne résiste à sa critique loufoque. Ses deux personnages - Mark Twain en voyageur irascible flanqué de son servile compagnon Harris - tentent désespérément de comprendre la montagne. Ils se livrent à toutes sortes d'expériences saugrenues : faire bouillir un guide, prévenir les avalanches à l'aide d'un parapluie ou entreprendre une ascension en télescope...

  • On a beaucoup écrit sur les fleuves, qui ignorent les frontières, brassent cultures et marchandises, créent des civilisations - mais on ignore le vent.
    Et pourtant ! Sans lui il n'y aurait sur Terre aucune vie, l'humidité stagnerait sur les océans, les terres seraient des déserts de feu ou gèleraient, il n'y aurait pas d'érosion et donc ni terre ni cultures. Et sans pollinisation, les arbres et la terre deviendraient stériles. Il est la vie, la semence, la force à l'oeuvre de la création...
    La fascination de Nick Hunt lui vient, dit-il, de l'enfance, lorsqu'avec sa mère il se trouva pris dans une grande tempête sur une côte du Pays de Galles. Elle ne l'a pas quitté depuis. Jusqu'à se lancer un jour à la poursuite du vent. Du vent, ou plus exactement des vents, car ils ont chacun leur personnalité, sculptant à leur manière les paysages et les hommes. Ce qui nous vaut un fabuleux récit d'aventure sur les traces de quatre grands vents qui ont fait l'Europe : l'Helm, la Bora, le Foehn, le Mistral, à travers la pluie, les blizzards, jusqu'à se retrouver emporté par ces mêmes forces. Car là où sont les vents sauvages, là sont aussi des mythes et des légendes, l'histoire et le ouï-dire, la science et la superstition - et parfois des cabanes de montagne remplies de cornichons, de charcuterie et d'alcool fait maison. Une formidable idée pour un livre magnifique.
    Salué comme un chef d'oeuvre par Robert Macfarlane la figure majeure du « nature writing » britannique, Là où vont les vents sauvages a été élu « livre de l'année » par le Spectator, le Financial Times et le Telegraph.

  • Été 1957, sur la face nord de l'Eiger, la plus célèbre et la plus meurtrière paroi des Alpes, deux cordées tentent la dix-septième ascension : les Italiens Corti et Longhi, les Allemands Nothdurft et Mayer. Progressant à une lenteur incompréhensible pour ceux qui les observent au télescope, ils sont bientôt pris au piège... Afin de les arracher à l'abîme, un hallucinant sauvetage est organisé par une soixantaine de bénévoles, dont les meilleurs alpinistes du moment, comme le grand guide français Lionel Terray et l'Italien Riccardo Cassin. Du sommet de l'Eiger, l'Allemand Alfred Hellepart est descendu dans le précipice au bout d'un mince fil d'acier long de trois cents mètres... Corti sera-t-il sauvé à temps ? Longhi survivra-t-il à son neuvième bivouac passé dans la paroi ? Et qu'est devenue la cordée allemande ? Quatre hommes sur l'Eiger est l'histoire fidèle de cette ascension folle, infernale, impossible, et de ce sauvetage héroïque et unique dans l'histoire. Double récit donc : d'un côté des sauveteurs bénévoles, admirables d'abnégation et de courage, qui se heurtent à l'indifférence, voire à l'hostilité des guides locaux, mais aussi à leurs improvisations ; de l'autre quatre hommes pris dans la tourmente, réunis par la nécessité, luttant de toutes leurs forces pour survivre. C'est, heure par heure, le récit des fautes, des accidents, du désespoir des quatre hommes, des efforts incroyables des sauveteurs, de leurs doutes et de leurs difficultés, le tout sous l'oeil avide des reporters. Le journaliste américain John Edward Olsen a mené tambour battant son enquête sur le plus vaste sauvetage jamais organisé en haute montagne. Un véritable «polar» alpin où tout est véridique. Jusqu'aux dernières découvertes, quatre ans après le drame...

  • Depuis sa parution en 1951, Contes à pic est demeuré l'un des livres les plus populaires de la littérature alpine. C'est aussi l'un des plus originaux, car il s'agit bien de contes, genre littéraire particulièrement délicat, précisément parce que l'auteur peut tout s'y permettre... Et Samivel ne s'en prive pas : ses «héros» sont cristalliers, alpinistes ou guides, mais on y croise aussi un saint facétieux et Napoléon, des marmottes qui parlent et un caillou qui pense. Et, quand il s'agit de raconter l'épisode le plus célèbre de l'histoire de l'alpinisme, la première ascension du Cervin, Samivel le fait du point de vue des choucas... Des gravures préhistoriques de la vallée des Merveilles aux montagnes sacrées de l'Himalaya en passant par les glaciers des Alpes, Contes à pic mêle avec verve, humour et fantaisie la légende - réelle ou inventée - à la réalité historique, et la vie intime des hôtes de la montagne, qu'ils soient à poil ou à plume, aux actions et aux passions des hommes.

  • La mousson ? Le plus fascinant des phénomènes climatiques de la planète. Et plus encore : un extraordinaire révélateur des âmes et des corps. Portée par les vents du Sud, sa lente progression vers l'Himalaya est marquée par toute une agitation sacrée, où tous les sentiments contenus des Indiens sont enfin libérés - et l'on dirait que l'Inde s'y révèle dans ce qu'elle a de plus secret, de plus intense.
    Alexander Frater, né en 1937 dans les îles de l'archipel de Vanuatu (Pacifique Sud), avait gardé de son enfance au coeur des dépressions tropicales une passion pour les phénomènes météorologiques «extrêmes» : «Le tout premier bruit que j'ai entendu, écrit-il, est celui de la pluie : une pluie tropicale, une de ces pluies qui semblent posséder un poids, une masse, presque métallique». Son idée de suivre la mousson jusqu'à l'Himalaya se révéla un coup de génie, qui lui vaudra de vivre mille aventures imprévues...
    Un récit aux parfums de légende. Drôle, vif, poétique, écrit comme un roman à la première personne, où la mousson devient peu à peu la métaphore de notre rapport à nos passions, ce livre dépasse de loin le cadre habituel des livres de voyage : c'est d'une initiation qu'il s'agit - par la grâce d'une écriture superbement maîtrisée - d'une initiation à l'Inde, mais surtout à soi-même...

  • Escalades dans les Alpes d'Edward Whymper (1840-1911) est le livre le plus fameux de toute la littérature alpine. Il raconte l'exploit le plus universellement connu de la conquête des montagnes, celui de la première ascension du Cervin en 1865, et le terrible drame qui s'ensuivit : quatre hommes, dont un lord d'Angleterre, précipités dans l'abîme. Mais c'est aussi l'histoire d'une passion indomptable et singulière pour la montagne : celle d'un jeune et pauvre dessinateur, venu dans les Alpes par hasard, et devenu l'un des plus grands alpinistes de tous les temps. Si le Cervin est au centre de ce livre, d'autres sommets prestigieux en sont aussi les héros, comme l'aiguille Verte, au-dessus de Chamonix, ou la barre des Écrins, dans les montagnes de l'Oisans. Aucun ouvrage ne retrace aussi fidèlement l'esprit de l'âge d'or de l'alpinisme alors que tous les grands sommets des Alpes étaient encore à conquérir, que l'on n'avait qu'une idée imprécise de leurs noms et de leur situation, et que la technique et le matériel étaient rudimentaires.
    Un monde neuf et vierge que Whymper se sentait la mission non seulement d'explorer, mais encore de décrire. Dans Escalades dans les Alpes, ses récits d'ascension vont bien au-delà de l'intérêt historique. Ils conservent aujourd'hui toute leur puissance évocatrice.

  • Les six faces nord les plus célèbres des Alpes : celles du Dru, des Grandes Jorasses, de l'Eiger, du Cervin, du piz Badile et de la Cima Grande di Lavaredo, la quintessence même de l'alpinisme de haute difficulté, le guide Gaston Rébuffat fut le premier à les avoir gravies toutes les six.
    Étoiles et tempêtes raconte l'ascension de chacune d'elles. Un grand classique de la littérature alpine, et, malgré des épisodes parfois dramatiques, le récit lumineux d'une aventure profondément humaine. Car la haute montagne selon Rébuffat est avant tout affaire d'amitié, pour les hommes comme pour les sommets. Plus qu'aucun autre, l'auteur a le don de transmettre cette passion dévorante et de faire ressentir à chacun l'atmosphère si subtile de l'altitude.

    Publié pour la première fois en 1954, traduit en de nombreuses langues, Étoiles et tempêtes est le chef-d'oeuvre de Gaston Rébuffat.

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