Langue française

  • Un jour, bientôt peut-être, je construirai un bateau très grand qui flotte comme les bateaux et vole comme les avions, même si c'est un bateau ; qui circule sur la terre comme un bateau à roues, et sous l'eau, comme un sous-marin.

    Un enfant pense à un grand voyage fantastique. Il sillonnera le monde, traversera des pays en guerre, sauvera des animaux en danger... pour revenir en héros.

    L'auteur transcrit avec précision les rêves du protagoniste, qui habitent dans l'imagination depuis l'enfance et qui permettent de se construire une réalité et de se défendre d'elle lorsqu'elle ne plaît pas.

    Le voyage comme métaphore de la vie mène le protagoniste à découvrir le monde et à prendre parti, tout en solutionnant des conflits dans des circonstances difficiles. Au travers de la fantaisie, ce jeune voyageur invente des situations et construit son identité.

    L'illustrateur résout, en clé métaphorique, l'idée bateau-voyage comme le véhicule fascinant où habite l'imagination. L'objet est simple : un carton vide que l'imagination transforme en chambre (en proposant des espaces surréalistes) ou en navire qui nous guidera à travers les rêves. En réalité, on ne quitte jamais l'espace de la maison d'où démarre l'imagination. Gabriel Pacheco propose des scènes isolées, mais d'une grande unité esthétique : en couleur, espace, éléments, personnages, composition... en laissant le fil narratif au texte.

    L'idée est d'appuyer la force de la parole et faire des illustrations un espace où être et déclencher le dialogue de la lecture, en plongeant dans la poétique des mots. Pour soutenir la proposition plastique, des éléments comme les bottines, les jouets de l'enfant et d'autres objets quotidiens se transformeront en scènes fantastiques et offriront des suggestions qui aideront à comprendre l'histoire, en générant des lectures de diverses profondeurs.

    Une histoire émouvante qui apporte des messages de solidarité, essentiels pour la maturité de tout individu.

  • Les trois petits cochons

    Raquel Mendez

    • Oqo
    • 14 Novembre 2008

    Des trois petits cochons, le plus jeune, qui n'avait pas trop envie de travailler, décida de construire une maison en paille pour se protéger. Le moyen travailla un peu plus dur et la construisit en bois. L'aîné, quant à lui, travailla vivement et en fit une en briques. Et quand le loup souffla et souffla...
    Les trois petits cochons est l'un des contes traditionnels les plus célèbres et aussi l'un des favoris enfants. Bruno Bettelheim, dans son livre Psychologie des contes de fées, met en relief la symbolique des personnages, des actions qu'ils réalisent ainsi que le dénouement, comme autant de métaphores du processus de croissance et de développement de la personnalité. L'enfant, selon Bettelheim, en s'identifiant avec chacun des trois petits cochons, apprend, sans en avoir conscience, que les personnes évoluent, et que la croissance a beaucoup d'avantages. Ainsi, l'aîné vaincra l'ennemi en combinant l'effort du travail à l'intelligence et à la planification rationnelle.
    Les trois animaux symbolisent l'évolution et le progrès de l'homme, depuis un état d'immaturité, jusqu'à la condition de celui qui sait affronter les conflits de façon intelligente, et ce en laissant à l'enfant l'occasion d'en tirer ses propres conclusions. Fidèle à l'histoire traditionnelle, cet album offre des images simples et amusantes qui génèrent un discours susceptible d'être perçu facilement. Helga Bansch, une fois de plus, démontre son empathie avec le jeune lecteur, et joue avec l'expressivité des personnages et avec les petits détails qui enrichissent l'illustration et qui nous éveillent et nous invitent à ouvrir et rouvrir le livre une fois après l'autre.

  • Un chat dans l'arbre

    Pablo Albo

    • Oqo
    • 24 Septembre 2008

    Un chat poursuivi par un chien grimpe sur un arbre très haut et est incapable d'en redescendre. Les gens qui passent près de l'arbre montent pour l'aider : mais l'affaire se complique de plus en plus et la solidarité de pompiers, voisins et famille finit par devenir un problème pour l'arbre, qui supporte difficilement tant de poids...
    Le quotidien comme contexte et un mélange de réalité et de fantaisie donnent un air de crédibilité à des faits qui pourraient paraître invraisemblables.
    Finalement, la Nature interviendra et, d'un geste « naturel », conduira cette histoire vers une fin heureuse. Un conte plein d'humour qui utilise les ressources caractéristiques de l'oralité on voit le travail de l'auteur, l'auteur étant aussi conteur et qui s'arrête sur les petits détails de la vie et éveille l'intérêt pour l'expérience littéraire. Du point de vue de la sémantique, l'histoire présente des répétitions utilisées de façon ludique et expressive et offre des possibilités de dramatisation. L'auteur sème le récit de clins d'oeil au lecteur en lui donnant, en clé comique, l'information qui l'aidera à comprendre la trame et marquera des pauses dans cette histoire qui se déroule à un rythme trépidant.
    L'illustratrice française Géraldine Alibeu présente une façon originale et efficace de traiter l'horizontalité et la verticalité des espaces, en tirant profit au maximum de la double page. Des fonds plats, pratiquement sans éléments, attirent notre attention sur les personnages et sur ce qui leur arrive. Géraldine Alibeu combine
    peinture et collage et joue avec les nuances de couleurs de sa palette, bien loin des couleurs primaires.

empty