Éditions Hoëbeke

  • S'immerger dans le poème du monde fut l'obsession de Roger Deakin : entrer dans une forêt, nous explique-t-il d'emblée, « c'est rejoindre un monde différent qui nous transforme en profondeur, un monde où l'on peut se retrouver - souvent, paradoxalement, en se perdant ».
    Terminé quatre mois avant la mort de l'auteur, cet ouvrage nous invite à une immersion totale dans l'élément bois, avec la conviction que « les ennemis des arbres sont les ennemis de l'humanité ».
    Un voyage enlevé, intensément poétique, qui nous conduira depuis les forêts du Suffolk à travers les châtaigneraies de l'Hérault, le bush australien, les vergers du Kazakhstan et jusqu'en Chine, dans une quête de ce qui, dans toutes les cultures, nous lie si profondément aux arbres.
    Tronc creux habité, merisiers explosifs, fricassée de racines de kurrajong, odyssée d'une sandale de moine japonais, arbres sculptés dansants... préparez-vous à être surpris par ce récit foisonnant, naviguant entre carnet de voyage, précis d'histoire naturelle, autobiographie et conte.

  • « Plus j'y pensais et plus cette idée d'un voyage à la nage devenait une obsession. Peu à peu, l'eau avait envahi mes rêves. Nager et rêver se mêlaient jusqu'à n'être plus qu'un. J'étais de plus en plus convaincu que suivre l'eau, me laisser porter par le courant, serait une manière d'apprendre et de découvrir, de passer sous la surface des choses. »

    Roger Deakin, figure du new nature writing, est devenu une légende dans le monde anglo-saxon à la suite de ce grand tour du Royaume-Uni à la nage qu'il nous raconte brasse après brasse, en une quarantaine d'étapes à travers les marais, lochs, rivières, canaux et jusque dans les fossés, toujours en pleine nature, peu importent les conditions.
    Ce livre positif, libre, joyeusement excentrique et plein de vie nous invite de façon énergique à dépasser nos peurs, éprouver nos lubies et partir à l'aventure, loin des piscines municipales.

  • Après avoir exploré les déserts et les sommets de plus de cinquante pays, voyageant au gré de sa fantaisie et de ses rencontres, Neil Ansell, pris d'une urgence soudaine, rentre à Londres, se réfugie dans un squat, avant d'accepter un poste de gardien au fi n fond de la campagne galloise, où il vit reclus. Une expérience d'extrême solitude, qui le transformera : débarrassé du brouhaha, il lui semble enfin se retrouver.
    Ermite ? Pas vraiment. Seulement le temps de réapprendre le monde. Voilà qu'il entreprend des randonnées, toujours en solitaire, sans jamais avoir de carte, jusqu'aux confins de l'Écosse - pour découvrir, au fil des routes, qu'il est en train de perdre l'ouïe -, une expérience qui s'avérera bouleversante et source d'une ouverture autre.
    Car s'il peut de moins en moins entendre, Ansell semble de mieux en mieux voir, et nous fait ainsi ouvrir les yeux, autrement.
    Un chant d'amour émerveillé à l'Écosse des Highlands, raconté avec un lyrisme intense, tenu de bout en bout. Une élégie en l'honneur d'un paradis déjà presque perdu, que la littérature continuera à nous faire entendre.

  • En 2018, Tristan Ranx progresse en pirogue sur la rivière Cuyuni, celle empruntée par les orpailleurs des Guyanes, et s'arrête aux portes de l'immense mine sécurisée Aurora. Quatre cents ans plus tôt, en 1618, le poète sir Walter Raleigh était exécuté à la tour de Londres, après ses tentatives de conquête de l'Eldorado... Des expéditions du fascinant explorateur de la Renaissance à la tragique disparition du jeune Raymond Maufrais, au XXe siècle, Tristan Ranx nous guide dans une jungle oppressante sur les traces de Manoa, la mythique cité d'or, gardée par les mystérieux « hommes sans tête ». Il nous entraîne aussi avec lui de Venise à Londres, de l'Espagne à la Roumanie, à la recherche des cartes perdues et des archives secrètes, dans cette Europe qui rêva et rêve peut-être encore de l'Eldorado.

  • On a beaucoup écrit sur les fleuves, qui ignorent les frontières, brassent cultures et marchandises, créent des civilisations - mais on ignore le vent. Et pourtant! Sans lui il n'y aurait sur Terre aucune vie, l'humidité stagnerait sur les océans, les plaines seraient des déserts de feu ou gèleraient, et faute de pollinisation tout deviendrait stérile.
    La fascination de Nick Hunt pour le vent lui vient, dit-il, de l'enfance, lorsque avec sa mère il se trouva pris dans une grande tempête sur une côte du pays de Galles. Elle ne l'a pas quitté depuis. Jusqu'à le persuader de se lancer un jour à la poursuite du vent. Ou plutôt des vents, dont il nous fait découvrir la personnalité, les mythes et légendes, la grande et les petites histoires.
    Partez avec lui à la découverte de l'helm, de la bora, du foehn, du mistral dans ce livre élu 'ouvrage de l'année' par le Financial Times et The Telegraph et salué comme chef-d'oeuvre par Robert Macfarlane, la figure majeure du 'nature writing' britannique.

  • Comment intègre-t-on le Bureau des légendes ?
    Comment se déroule le quotidien d'un agent sous couverture ?
    Quelles sont ses missions ? Que peut-on dire à ses proches, à son banquier ?
    Spécialiste du contre-terrorisme, Olivier Mas relate les coulisses de sa profession, de son entrée à la DGSE aux missions secrètes qu'il a opérées au Moyen-Orient sous le nom de Beryl 614. Recrutement des sources, interrogatoires, filatures, collecte clandestine de renseignements, analyse de données géopolitiques, opérations de terrain, nous voici plongés au coeur de la "Centrale" et de la direction des Opérations.
    De son quotidien, Olivier Mas n'occulte rien et nous livre un document sans fard d'une vie passée dans l'ombre à officier sous l'autorité du président de la République, du Premier Ministre et du ministre de la Défense. Loin des fantasmes récurrents, Beryl 614 déchire le voile de cet univers opaque et dévoile les méthodes de travail de ces gens "ordinaires" qui exercent un métier "extraordinaire".
    Un récit inédit et intime au coeur d'un des services secrets les plus performants au monde.

  • Diplomate iconoclaste, Jean-Yves Defay a parcouru le monde au service de la France durant près de quarante ans. Ses différentes missions l'ont mené sur les cinq continents.
    Durant trois ans il va diriger le service de la valise diplomatique et du Chiffre au ministère des Affaires étrangères. Il y organise alors le convoyage de ces mystérieuses « sacoches et valises » inviolables et protégées par le secret d'État, participe à des missions diplomatiques délicates, doit faire face à des situations insolites et décider de gestes humanitaires.
    Son témoignage documenté et savoureux nous invite dans les sous-sols du Quai d'Orsay.
    Fonctionnement du courrier diplomatique, étude des sceaux, rançons, courriers explosifs, magouilles des services spéciaux de tous les pays, transports d'oeuvres d'art, d'antiquités en danger de mort, cette effervescence fourmillant d'anecdotes, racontée avec humour et finesse, offre au lecteur une plongée inédite au coeur d'un des services les plus mystérieux de Marianne.

  • Si le mot « flâneur » évoque immédiatement Baudelaire, les grands boulevards et la vie de bohème, - qu'en est-il de « flâneuse » ? Dans ce livre jubilatoire, ode piquante à la déambulation au féminin, Lauren Elkin la présente comme une femme « déterminée et pleine de ressources, profondément en phase avec le potentiel créatif de la ville et le pouvoir émancipateur d'une bonne balade ». Mais elle nous montre aussi que revendiquer d'occuper ainsi l'espace urbain reste pour les femmes un acte subversif.De New York à Paris, de Tokyo à Londres et Venise, Lauren Elkin croise en chemin les flâneuses qui y vécurent - de la réalisatrice Agnès Varda à la correspondante de guerre Martha Gellhorn, en passant par les romancières George Sand et Virginia Woolf. L'auteure s'attache à mettre au jour ce qui se joue chaque fois qu'une femme au pied léger sort à la rencontre de la ville, comment chacun de ses pas contribuera à transformer son existence.

  • "La mer me fait peur", avoue Jonathan Raban, navigateur hors pair, et c'est ce mélange d'angoisse et de fascination qui fait le prix de ce livre. À peine installé à Seattle, il décide de rejoindre à la voile Juneau, en Alaska : mille six cents kilomètres d'un entrelacs d'îles et de canaux aux eaux tourbillonnantes, traversés de courants dangereux, empruntés pourtant depuis des temps immémoriaux.
    Ici s'est épanouie la culture du canoë des peuples autochtones, avec leurs fabuleux masques peints, leur iconographie complexe, leurs histoires de dieux sous-marins aussi néfastes que retors. Trappeurs et autres coureurs des bois eurent tôt fait de s'engouffrer dans le sillage des premiers explorateurs, eux-mêmes bientôt suivis par des colons, des missionnaires, des anthropologues et des pêcheurs dont les histoires, les rêves, les conflits hantent parfois chaque pouce de terrain.
    Est-ce par nécessité de faire le point que Raban a levé l'ancre ? Ou bien par besoin de s'immerger dans l'énigme de la mer, d'en recueillir l'écho dans les mythologies et les arts indiens, dans les journaux du capitaine Vancouver, dans la poésie et la peinture, dans la physique des vagues. Peu à peu, cette aventure dans le "Grand Dehors", au coeur de la nature sauvage, entraînera l'auteur dans des eaux plus profondes, plus sombres, plus personnelles qu'il ne l'avait imaginé, quand un drame imprévu bouleversera le déroulement du voyage et le précipitera dans une exploration des replis les plus secrets du coeur de l'homme.

  • Non pas vivre parmi les arbres, mais bel et bien devenir arbre : telle est l'obsession de Sumana Roy, née, écrit-elle, par la contrainte, enfant, d'avoir à enfiler des sous-vêtements : "Les arbres n'étaient pas, eux, encombrés de bras." Cette obsession ne fera que grandir au fil des ans : effrayée par la violence de la société où elle grandit, sa cupidité, son égoïsme, Sumana Roy commence à se rêver arbre - "j'étais fatiguée de la vitesse, je voulais vivre le temps propre des arbres" - et à développer de plus en plus une attirance vers leur façon d'être nonviolente, d'occuper légèrement la terre, par leur capacité à faire face à la solitude et à la douleur, par le désintéressement avec lequel ils donnent librement d'eux-mêmes. Les premiers temps de sa quête seront une immersion dans tout ce que peuvent en dire les sciences naturelles, jusqu'à la révélation progressive de cette étrange vie végétale qui se déploie autour de nous sans que nous y prenions garde. Puis Sumana Roy bascule au-delà : se sentir arbre grâce à une démarche intensément poétique - et son tour de force est bien de nous faire partager sa démarche jusqu'au vertige. Elle découvrira en chemin que d'autres ont vécu la même quête d'un "devenir arbre" : Rabindranath Tagore, D. H. Lawrence, bien d'autres encore, dont des personnalités spirituelles clés telles que le Bouddha - manière pour chacune d'elles de mieux comprendre le monde naturel, et soi-même. "Je n'étais pas la seule à avoir considéré l'arbre comme un humain ou l'humain comme un arbre." Et le charme de ce livre tient à la manière dont l'auteur organise le chatoiement de toutes ces facettes, dans un constant étonnement émerveillé qui nous emporte à notre tour : qu'est-ce donc qu'être au monde ?

  • Imaginez Une année en Provence avec des alligators et des assassins, ou bien Minuit dans le jardin du bien et du mal avec des scènes de chasse et des repas à base de faune des marais. Coureur de monde impénitent, l'écrivain anglais Richard Grant, a descendu en radeau le fleuve Malagarasi, en Tanzanie, échappé à des bandits dans la Sierra Madre, mais porte son regard moins loin, cette fois : sur un coup de tête, sa compagne et lui, décident d'aménager dans une vieille plantation près de Pluto, au coeur du delta du Mississippi. Début d'une nouvelle vie. Ils s'immergent dans les sublimes paysages du delta, apprennent à chasser, se lient d'amitié avec une cohorte d'individus étonnants - éleveurs de poissons-chats, légendes du blues, millionnaires excentriques, et même l'acteur Morgan Freeman, - auront aussi à découvrir la corruption et le crime, et la réalité de tensions raciales. Cocasserie, poésie, colère aussi, composent un mélange d'une rare humanité qui a fait des Poissons-chats du Mississipi, pendant des mois un des best-sellers du New York Times, et le lauréat du Pat Conroy Prize. Au bout du compte, conclut Richard Grant, le Mississippi pourrait être « le secret le mieux gardé des États-Unis ».

  • L'Ouest? Le mythe américain par excellence, nimbé du halo doré des légendes, magnifié par le western. Certes. Mais aussi, aujourd'hui, un vaste 'nulle part' à l'abandon, que l'on survole en allant d'un point à un autre. Et où l'on stocke l'arsenal nucléaire. Rien que cela, vraiment? Que nous dit encore, et dit de nous, l'Ouest américain? Pour en avoir le coeur net, Ian Frazier, journaliste star du New Yorker, homme de l'Est par excellence, à l'oeil aigu et à l'humour ravageur, fasciné enfant par les 'shows' télévisés, décide à trente et un ans de s'installer dans le Montana. Début d'un immense voyage dans les archives et par les routes, de la maison abandonnée de Bonnie et Clyde, dernier témoin de leur cavale, à la cabane de Sitting Bull, en passant par les lieux des crimes chroniqués par Truman Capote dans De sang-froid - 25 000 miles d'une exploration, entre légendes et réalité, d'un territoire hors norme où les étendues sauvages et anonymes disent tour à tour la force et la fragilité du rêve américain.

  • "L'on prétendait, dans cette région où ma grand-mère était née, qu'à un moment chaque année, les morts rentraient chez eux", écrit Inara Verzemnieks dans ce récit déchirant de guerre, d'exil et de reconstruction de soi. Mais ceux-ci sont-ils vraiment partis ? L'auteure a grandi à Tacoma, État de Washington, entre deux mondes, entourée de fantômes, dans les récits et les silences d'une grand-mère ayant fui sa Lettonie natale, envahie par les troupes soviétiques après la Seconde Guerre mondiale. Toute son enfance fut captive des rituels de cette Lettonie perdue, de ses cérémonies : salut au drapeau d'un pays devenu irréel, chants à l'église, camps de vacances l'été, dispersion sur les cercueils de sable letton entré clandestinement aux États-Unis. Sa grand-mère Livija et sa grand-tante Ausma ont été séparées, jadis. Livija est devenue une réfugiée, Ausma a été exilée en Sibérie, sous Staline : les deux soeurs ne se sont pas revues durant plus de cinquante ans...
    Dans une boîte contenant les affaires de sa grand-mère, Inara découvre l'écharpe que Livija portait lors de son départ. C'est assez pour entreprendre le voyage jusqu'au village où sa famille s'est désagrégée, retrouver Ausma, percer certains silences, à commencer par l'enrôlement de son grand-père dans l'armée allemande, là où les juifs furent massacrés par dizaines de milliers.
    Si le passé nous échappe, nous ne pouvons pas, nous, lui échapper, constate l'auteure tandis qu'elle s'enfonce dans la noire beauté de ce pays marqué par le malheur, les guerres, la culpabilité : un long chemin au plus intime de soi, sur l'exil, les pièges et les douleurs de l'identité, et cette demeure, alors, que devient la littérature - qui nous vaut un texte bouleversant, lyrique et somptueux...

  • Où commence le "Nord" ? Là où la forêt boréale cède la place à la toundra ? À la limite sud du permafrost ? Au cercle arctique ? Mais c'est tout autant un espace mental, différent pour chacun : le rêve d'un monde vierge, sauvage, la poétique d'un "Grand Dehors" - et, on l'oublie, un "chez soi" pour ceux qui y vivent...

    Malachy Tallack va au plus simple, apparemment : suivre le soixantième parallèle qui passe chez lui, aux îles Shetland, puis traverse Canada, Alaska, Sibérie, Finlande, Suède, Norvège avant de faire retour à 'son' île de Mousa. Au plus simple ? En fait, au plus difficile, ce qui nous vaut une oeuvre rare, intense, sur la ligne de crête, toujours, dans la constante tension entre l'épreuve d'un vertigineux 'dehors' et l'introspection d'un 'chez soi', comme happé par le vide laissé par son père tragiquement disparu, jadis...

  • Un homme se tient face à la mer, à l'extrême fin de l'Europe, en Irlande, comme s'il s'absorbait lentement dans le paysage - ou y cherchait les voies d'une découverte de soi. Et à sa voix répondent d'autres voix, comme en écho, croisées ailleurs, à Bruxelles, à Gand, qu'importe l'endroit. La catastrophe a déjà eu lieu, "comme si quelqu'un brûlait des ordures ce jour-là devant une flamme éternelle depuis longtemps en allée". Et nous comprenons que nous sommes en Bosnie, à Sarajevo, à Mostar, tout autant qu'en exil, errants séparés du monde et de soi, sans retour - à moins que l'exil ne soit pas une parenthèse, mais le seul espace habitable d'une reconstruction...

    Roman, récit de voyage ? Combinant texte et photographies, brouillant les frontières entre narration fictionnelle, témoignage et reportage, Dusan Sarotar signe là une oeuvre magistrale, envoûtante, qui n'est pas sans rappeler W.G. Sebald.

  • Rebecca Amsellem a créé il y a trois ans la newsletter féministe Les Glorieuses qui interroge chaque semaine la notion d'égalité au sein de notre société à travers des thèmes comme la politique, la culture ou le sexe.
    Dans les vingt chroniques de cet ouvrage, l'auteure allie expériences personnelles voire intimes et propos activistes, afin de susciter une réflexion profonde sur la place des femmes. L'occasion de mettre à l'honneur Olympe de Gouges, qui milita pour l'abolition de l'esclavage, Marguerite Durand, qui lança La Fronde, premier quotidien conçu et édité par des femmes, mais aussi Nina Simone, Virginia Woolf et tant de figures qui ont marqué l'Histoire.
    Ce sont elles les Glorieuses, comme nous le rappelle Rebecca Amsellem. Elles et toutes les autres, car il y a autant de féminismes que de femmes.

  • On peut venir à Bangkok pour bien des raisons, un changement de sexe, une nuit d'amour avec deux prostituées, un séjour dans un palace, ou simplement pour disparaître. Pour Lawrence Osborne, ce sera la recherche d'un dentiste bon marché - et la découverte qu'on peut vivre là inconnu, sans attache, avec un dollar par jour.
    Une des rares villes avec Pékin à n'avoir jamais été colonisée par l'Occident, énigmatique, chaotique, immense, corrompue, d'une grâce et d'une subtilité fascinantes : une ville pour un écrivain comme lui, se dit-il, depuis toujours de nulle part. Pologne, France, Maroc, États-Unis, Istanbul, il avait vécu jusque-là en nomade, occupé à se chercher, plus sûrement à se perdre : ici, dans ce cratère d'une totale étrangeté, voici qu'enfin il se sent chez lui.
    Jours tranquilles à Bangkok tient à la fois du journal intime et du carnet de vagabondages, entre quête spirituelle et séductions de la nuit - mais après tout les transsexuels sont-ils si étrangers au bouddhisme qui professe qu'un homme a été femme, et vice versa? Un guide qui sort de l'ordinaire, et une superbe oeuvre littéraire où s'affirme un auteur aujourd'hui comparé à Graham Greene.

empty