Cambourakis

  • Après le succès de la publication en grand format, édition de poche de ce premier roman percutant qui nous plonge au coeur de la Sacra Corona Unità, organisation mafieuse des Pouilles, dans les pas de son chef, Domenico Trevi (dit Mimi), fou de douleur après le suicide de son fils de 15 ans. Un texte puissant qui interroge le recours et le rapport à la violence ainsi que la part animale qui sommeille en chacun de nous.

  • Réédition du premier polar grec et premier polar des éditions Cambourakis. Une satire passionnante de la société grecque du début du XXe siècle doublée d'un scénario rocambolesque et décalé : un jeune rentier désoeuvré et en mal de reconnaissance décide d'endosser le crime d'un autre pour remédier à son ennui. Nikos Molocanthis entre si bien dans la peau de son personnage qu'il déchaîne les passions et... risque la guillotine. 

  • Alors qu'il vadrouille en forêt par un beau jour d'été, Abie, petit garçon de quatre ans, bute sur le corps d'un homme étendu au milieu des fougères et des rhododendrons, en ce charmant coin de campagne anglaise. Harry est mort, et son cadavre est bien encombrant pour les membres de la petite communauté qui peuple la lande de Sparrowswick. Plusieurs fois découvert, caché, enterré, exhumé au cours d'une même journée, le défunt déclenche une série de quiproquos, et sera le révélateur des turpitudes secrètes des villageois, qui tous ont de bonnes raisons de craindre d'être accusés de meurtre.
    Mais l'incident, cause de beaucoup d'angoisse, encouragera également le rapprochement de quelques êtres, les situations aigües stimulant semble-t-il sentiments et passions. En quelques phrases percutantes, Jack Trevor Story excelle à croquer une série de portraits particulièrement savoureux : le capitaine Wiles, balourd et piètre chasseur, la jeune mère d'Abie, sexy et sans complexes, Sam Marlow, artiste raté mégalomane, Miss Graveley, vieille fille en mal d'amour, ou encore Mark Douglas, promoteur immobilier et séducteur invétéré.

  • La contree immobile

    Tom Drury

    La vie semble s'écouler plus lentement qu'ailleurs dans la petite ville de Shale, comme si l'exception géologique qui modèle cette région du Midwest, un territoire sauvage et accidenté, épargné par l'érosion glaciaire, avait durablement figé le temps.
    Une série d'évènements étranges, de rencontres plus ou moins fortuites et heureuses, va cependant secouer le destin de Pierre Hunter, un jeune barman simple et charmant, appliqué à passer à côté de sa vie avec indolence. Il tombe amoureux de la belle et mystérieuse Stella Rosmarin, qui le sauve de la noyade, se retrouve en possession d'un gros paquet de dollars découvert lors d'un voyage en stop. Pierre devient la cible d'une traque dont les enjeux le dépassent, qui fait basculer ce conte à l'atmosphère fabuleuse vers le roman noir.
    Tom Drury brouille les pistes et les genres, mais conserve jusqu'au bout le ton d'une comédie douce amère. Dialoguiste hors pair, il porte sur ses personnages un regard bienveillant, accueillant leur excentricité comme la plus naturelle des choses.
    La Contrée immobile est un cocktail au goût inédit, qui marie humour, fantasmagorie et noirceur. C'est un conte de fée tordu comme un rêve, une romance tragique, une histoire de fantômes et de vengeance qui hante durablement.

  • 15 serial killers

    Harold Jaffe

    Aux Etats-Unis, la violence, industrialisée, a ses producteurs, ses sponsors, et ses stars : Charles Manson, Ted Bundy, the Unabomber... Avec 15 Serial Killers, Harold Jaffe s'empare de ces figures effrayantes, au statu quasi iconique outre Atlantique, pour construire quinze récits, quinze « docufictions » d'une grande variété de traitement littéraire, qui toujours cependant mettent le lecteur dans un position inconfortable, soulignant l'ambiguïté fondamentale de notre rapport à la violence.
    Puritanisme et moralisme, libéralisme et violence, les interfaces identitaires sont troubles, les arrangements douteux entre la répression des instincts et l'intérêt de leurs dominations. La société de consommation - telle qu'elle est organisée par le capitalisme omnivore et sa technologie - flirte volontiers avec l'abjection, constate Jaffe. Le consommateur - et l'audience est familiale - est programmé à condamner ce qu'il consomme, conditionné à réprimer ce qu'il convoite, soumis à ce qui passera pour dramatique, romanesque, ou à suspense.
    15 Serial Killers se présente comme une fabrique de fictions qui existerait comme un contraire inassimilable, comme le reflet hyper grimaçant des représentations médiatiques de la violence en Amérique.

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