• Les ponts

    Tarjei Vesaas

    Réédition dans une nouvelle traduction de Jean-Baptiste Coursaud du dernier roman écrit par Tarjei Vesaas, ce récit polyphonique extrêmement épuré concentre les éléments caractéristiques de son écriture, l'éveil des sentiments  à l'âge adolescent, un drame familial et l'omniprésence de la nature.

  • Le palais de glace

    Tarjei Vesaas

    Un chef-d'oeuvre intemporel et poétique figé dans la glace comme les souvenirs d'enfance le sont dans le passé.

  • Un frère et sa soeur sont plongés par hasard au coeur d'un drame familial et transformés, du haut de leur adolescence, en médiateurs de conflits qui leur échappent. Condensés en une seule nuit, les événements qu'ils vivent interrogent la place de l'individu dans un Grand Tout, à la fois humain et non animé, matériel et atemporel, réel et fantasmé.

  • Dans les romans et les nouvelles de Vesaas, la mort, le plus souvent violente, ou la folie furieuse surgissent sans prévenir au détour d'un chemin. Contraste saisissant : l'auteur nous promène dans des décors de rêve ou de labeur tranquille, entre des gaillards solides et des petites filles modèles, avant de nous faire entrevoir quelques-unes des plus sombres virtualités de l'homme. Le diable rôde jusque sous la magnifique lumière boréale, semble vouloir nous dire Vesaas, et, s'ils n'y prennent garde, les hommes dégringolent dans les gouffres qui s'ouvrent devant eux. Entre-temps, la paisible chronique paysanne que nous croyions lire est devenue littérature de l'abîme. Le vent du nord condense tout l'art et la manière du Vesaas de la maturité. C'est-à-dire un parfait équilibre entre réalisme, symbolisme et fantastique, sobriété et lyrisme, espoir et pessimisme.

  • « Romancier, nouvelliste et poète norvégien, né le 20 août 1897 à Vinjem et mort le 15 mars 1970 à Oslo, Tarjei Vesaas, fils de paysan, hésita longtemps entre le métier de son père et l'écriture. Il écrit (en néo-norvégien (nynorsk), langue autrefois connue sous le nom de " langue rurale ") dès les années vingt mais n'atteindra une notoriété nationale et européenne qu'en 1934, avec Le Grand jeu; puis viennent les années de guerre, la peur et la violence (Le Germe, la Maison dans la nuit). Parmi les grands romans d'après-guerre, deux chefs-d'oeuvre : Les Oiseaux et Le Palais de glace.
    Dans l'oeuvre de Tarjei Vesaas, La Barque le soir, publiée en 1968 et curieusement restée inédite en français est une oeuvre fondamentale, crépusculaire. Appelée " roman " par son auteur, il s'agit plutôt d'amples réminiscence poétiques semi-autobiographiques. Il révise les thèmes qui ont accompagnés sa vie de créateur : l'effroi face à l'invisible, la condition spirituelle de l'homme, tandis qu'il brosse son propre portrait psychologique, de sa prise de conscience que l'homme est seul jusqu'à l'acceptation finale de la mort. Mais Vesaas n'est pas un auteur abstrait, fidèle à ses origines, il sait rendre présentes les choses les plus essentielles, les plus élémentaires : du pas d'un cheval dans la neige jusqu'aux variations infinies de la lumière. Plus subjectif que ses autres livres, La Barque le soir illustre avec une rare densité les talents de Vesaas, sa capacité d'évoluer " du rêve au réel, en passant par le symbole et l'allégorie, sans qu'il soit jamais possible de séparer l'un de l'autre " (C.G. Bjurström).
    On n'est ni dans le réalisme, ni dans le fantastique, dans un entre-deux plutôt, qui consiste en la perception terriblement aiguisée du réel que possède l'écrivain et que savent traduire ses mots limpides, sa phrase lumineuse attaché à approcher au plus près l'ineffable. Admirable. »

  • Les oiseaux

    Tarjei Vesaas

    Il est des choses qu'il vaut mieux ne pas approfondir ou dont mieux vaut ne pas parler.
    Mattis le sent obscurément, tel le fait que l'on a donné son nom et celui de sa soeur hege aux trembles morts émergeant des sapins proches de leur maison. ou encore que les gens l'appellent ahuri, quand ils ne se doutent pas qu'il les entend, et rechignent à lui confier un travail quelconque. lui non plus n'aime pas en demander. il sait trop quel désarroi le saisit presque aussitôt. mattis préfère rêver dans la forêt, écrire dans la boue un message d'amitié à un oiseau.
    Tout lui est signe et présage : cette bécasse qui survole son logis et qu'un chasseur tue par sa faute, ce tremble que foudroie l'orage et qui représente lui ou hege... que hege meure ou cesse de s'occuper de mattis, comment vivrait-il ? l'idée chemine dans son esprit et l'obsède quand, devenu passeur sur le lac, il amène chez eux jörgen le bûcheron. petite âme à demi éveillée, coeur d'oiseau qui se débat dans les brumes où s'enveloppe pour lui le monde réel, mattis en vient à forger son propre destin et c'est ce qui rend si poignante cette histoire d'un simple où tarjei vesaas transcrit l'inexprimable enfoui au fond des êtres.

  • Ce livre en tête-bêche réunit deux pièces de Tarjei Vesaas : Ultimatum & Pluie dans les cheveux.
    Le théâtre de Tarjei Vesaas est demeuré jusqu'à ce jour inconnu en France et reste peu connu dans le pays d'origine de son auteur, la Norvège. Pourtant Tarjei Vesaas était attaché à cette forme où le dialogue soutient seul ou presque l'édifice de la narration.
    Ultimatum, ici dans sa version de 1963, fut d'abord écrite en 1932, alors que Tarjei Vesaas se trouvait à Strasbourg. Il s'agit d'une pièce éminemment politique (lucide, Vesaas savait ce qui alors naissait en Allemagne) où de jeunes gens sont suspendus à l'ultimatum d'une déclaration de guerre. Cette pièce de Tarjei Vesaas est inédite en français, ainsi que dans cette seconde version en Norvège.
    Il en de même de Pluie dans les cheveux, quant à elle de 1958, l'une et l'autre pièces paraissant donc pour la toute première fois (une première mondiale pourrait-on dire). Pluie dans les cheveux raconte la naissance de l'amour et du désir chez de jeunes adolescents. Ces deux pièces s'opposent par leur thème, Ultimatum s'imposant comme le coup d'arrêt porté à l'amour naissant de Pluie dans les cheveux (Ce basculement, ce renversement dans le cours de l'histoire, justifie le tête-bêche du livre.) Oeuvre traduite du nynorsk (néo-norvégien) par Marina Heide, Guri Vesaas et Olivier Gallon.

  • Paru alors que Tarjei Vesaas était âgé de 64 ans, L'Incendie est un «roman limité» dans son oeuvre. Avec une force inégalée, l'auteur parvient à faire coexister différents pans de réalités. Jon, «l'esprit?» du roman, pénètre ainsi toutes choses et nous-mêmes. Chaque chose, chaque être, est une voix qui parle et se tait sans que se taire soit ne plus parler, cesse d'être une adresse.

  • Palais de glace

    Tarjei Vesaas

    Les poètes, les enfants, les simples d'esprit ont reçu la grâce de voir au-delà des apparences, d'entendre l'inaudible et de se trouver directement au coeur de l'essentiel. Le don de Tarjei Vesaas, peut-être le plus grand écrivain norvégien de ce siècle (1897-1970), aura été de savoir abolir la dérisoire ligne de démarcation entre vie et mort, solitude et présence. Il n'y a pas d'explication toute prête à proposer de ce chef-d'oeuvre qu'est Palais de glace, tant la symbolique en est riche et les harmoniques multiples. Peut-être ne s'agit-il que d'une variation intensément poétique sur le grand secret du thème sacré : l'amour plus fort que la mort. Les deux petites filles qui s'aiment à en mourir, qui aiment l'amour plus qu'elles-mêmes réalisent leur rêve fou, l'une dans la fantastique splendeur de la cascade figée par le gel en un sublime château de glace, l'autre dans un immatériel palais du souvenir. Et l'art de Vesaas, fait d'approches timides, d'élans retenus, d'ébauches à demi suggérées édifie en un texte impeccable un mausolée d'images prestigieuses, de phrases chantantes qui atteint une perfection narrative rarement égalée dans son oeuvre.
    Régis Boyer

  • Tander, quarante ans, marié et propriétaire d'une blanchisserie prospère, voit son univers basculer le jour où il tombe fou amoureux d'une de ses jeunes employées. Taraudé par son image, en proie à un désir tournant à l'obsession, il supporte de plus en plus mal de ne pas voir sa passion partagée. A bout de nerfs, il décide de tuer l'homme qui partage la vie de celle qu'il aime douloureusement. Mais on ne décide pas impunément du sort d'autrui. Et l'implacable vengeance ne tarde pas à se mettre en marche.
    Dans ce roman d'atmosphère et d'inquiétante étrangeté, Tarjei Vesaas brosse un tableau tout en clair obscur des affres du désir et des caprices de la fatalité. La blanchisserie, resté jusqu'à ce jour inédit en France, est considéré comme un grand classique de la littérature scandinave.

  • Une puissance implacable de silence et d'airain régit l'ordre de la maison dans les ténèbres. Dans ce huis-clos labyrinthique bardé de flèches, où s'ouvrent des centaines de portes, survit une population désemparée, marquée par les disparitions soudaines des siens et les apparitions inopinées des gardes qui emprisonnent, torturent et tuent. La vie des hommes dans le noir de leurs convictions, l'incertitude du bien et du mal, le risque de la collaboration toujours possible, la séduction du Malin, autant de thèmes qu'aborde Tarjei Vesaas dans ce roman écrit pendant l'occupation allemande en Norvège. Bien sûr, c'est une allégorie, derrière Stig il y a la résistance, derrière les ténèbres il y a la Gestapo. Mais, au-delà du symbole et des circonstances, on n'est pas si loin de Kafka. Avec le réalisme d'un âge de fer, des phrases âpres où se nouent les tensions et l'angoisse, La Maison dans les ténèbres résonne comme un avertissement à l'humanité.

  • Les chevaux noirs

    Tarjei Vesaas

    Du premier mariage d'ambros, force de la nature et passionné de chevaux, sont nés une fille, viv, et un garçon, leiv.
    D'un second, avec lisle, il a une petite mabb, et un fils kjelle.
    Tout irait pour le mieux dans ce royaume du cheval si leiv n'était pas un joueur invétéré et malchanceux, et surtout si lisle aimait son mari. bientôt ambros sombre dans l'alcoolisme, s'irrite de la présence d'un ancien soupirant de lisle, dilapide ce qu'il possède jusqu'à devenir simple employé sur son ancien domaine.
    Sous le signe de cette irrésistible déchéance que scandent de superbes scènes paysannes, pétries d'une profonde familiarité avec la terre, tarjei vesaas conduit ici la métaphore du récit édénique en son fatal contraire, la tragédie de la chute.
    Ecrit en 1928, ce roman, qui porte déjà en lui la force et l'autorité des textes de la maturité, est l'une des toutes premières oeuvres du grand écrivain norvégien.

  • Ce livre (livre de poèmess), Vie auprès du courant (Liv ved straumen) est l'ultime ouvrage de Tarjei Vesaas. Il parut à l'automne 1970 aux éditions Gyldendal à Oslo quelques mois après la mort de son auteur (le 15 mars)  ; il en lut les épreuves à l'hôpital. Vesaas y apparaît lui-même, comme dans ses oeuvres romanesques, cependant peut- encore plus « nu », plus solitaire. Un don véritable...

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